Fondation Clément : John Lie A Fo | La verticale de l’Équateur

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Après Broadway, la pièce « Race » de David Mamet à Montréal en 2016

RACE DUCCEPPE MAMET MONTREAL

Quelques mois avant l’affaire DSK, le cinéaste et scénariste David Mamet (scénariste de Hannibal entre autres) montait cette pièce sur Broadway – à New-York.
L’histoire : Un riche homme d’affaires blanc est accusé d’avoir violé une jeune femme noire dans un hôtel new-yorkais. Deux avocats (un noir et un blanc) doivent décider s’ils le représentent ou pas.

Une histoire troublante de réalisme qui a été rejointe par la réalité quelques semaines plus tard.

L’Holacracie passe en Open Source !

Lancement Holacracie

Ce jeudi 21 mai 2015 un événement en ligne va officiellement confirmer que le concept d’holacracie va devenir « open source ». L’holacracie est ce nouveau système opérationnel pour les organisations. Adopté par plusieurs grands noms des technos (dont Zappos) il change complètement la structure, les prises de décision et la répartition du pouvoir dans les organisations.

Porté par une société privée (HolacracyOne), le passage en open source va lui assurer une montée en puissance mondiale beaucoup plus rapide. Cette stratégie rappelle le modèle de WordPress et de son éco-système.

Lancement Holacracie

Aller sur la page de l’événement HOLACRACY OPEN SOURCE

Explosion de l’immersion à Montréal

Montreal Symposium

La SAT (Société des Arts Technologiques) lance la seconde édition du IX SYMOPSIUM à Montréal.

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Image : SAT

 

Nous pourrons tester, voir et apprécier les principales expériences autour de la réalité augmentée, du virtuel, des médias expérienciels.

Voici la liste des principaux conférenciers :

EXPANSION : FAIRE ÉCLATER L’HORIZON
Par Vander Caballero, un leader d’innovation de l’industrie des jeux vidéo, ancien directeur de la création chez EA à Vancouver et Montréal ainsi que fondateur de Minority Media. Il sera accompagné par :
EleVR – Andrea Hawksley & Emily Eifler (San Francisco) – Groupe de recherche en VR;
• Paul Nicholls (London UK) – Artiste, architecte, réalisateur et cofondateur de Factory 15
Yan Minh (Paris) – Artiste nouveau média et fondateur du mouvement « NooNautes »

HYBRIDATION : INTÉGRER LES TECHNIQUES
Comment les créateurs apprennent-ils à inclure l’hydride comme caractéristique positive des environnements immersifs ? Cette conférence est présidée par le pionnier en réalité virtuelle Scott Fisher, doyen associé à la recherche à la USC School of Cinematic Arts et directeur-fondateur de son département : Interactive Media Division. Il sera accompagné par :
Greg Downing (San Francisco) – Artiste et co-fondateur de X-Rez Studio
Steve Mason (San Francisco) – Fondateur du Quotia interactive story lab
Vladimir Vukicevic (Toronto) – Inventeur de WebGL et Directeur de l’ingénierie à Mozilla

ÉMERGENCE : EMBRASSER LA COMPLEXITÉ
L’émergence de l’expérience immersive est en train d’affecter nos conceptions de la réalité, déclenchant des interrogations quant à notre place, notre rôle et notre responsabilité dans le monde. Cette conférence est présidée par le philosophe, théoricien culturel et savant des médias Pierre Lévy, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en intelligence collective et auteur duLangage de codification sémantique (IEML). Il sera accompagné par :
Bill Seaman (Durham NC) – Artiste, theoricien et inventeur de la poétiques recombinés
Mike Phillips (Plymouth UK) – Professeur d’arts interdisciplinaires à l’Université de Plymouth
Dan Neafus (Denver CO) – Gates Planetarium et Directeur de IMERSA

TRANSCALARITÉ : DÉCONSTRUIRE LES FRONTIÈRES
Quel potentiel ont les nouvelles technologies comme outil pour encourager une compréhension systémique des phénomènes interconnectés et des frontières qui s’effacent entre les disciplines académiques ? Cette conférence est présidée par Rémi Quirion, chef scientifique du Québec et partisan de la recherche transdisciplinaire. Il sera accompagné par :
Derrick de Kerckhove (Naples / Nice) – Professeur à l’Université de Naples
David McConville (Montréal) – SAT et Buckminster Fuller Institute
• Normand Brunet (Montréal) – Scientifique environnemental et chercheur à UQAM



EXPANSION : FAIRE ÉCLATER L’HORIZON
Starts: 05/19/2015 09:00AM
Ends: 2015-05-19:12.00AM
Duration: 03:00
Montréal
Canada


Vander Caballero
WE ARE MINORITY
Fondateur

Andrea Hawksley
ELEVR

Emily Eifler
ELEVR

Yan Minh
NooNautes


HYBRIDATION : INTÉGRER LES TECHNIQUES
Starts: 05/22/2015 09:00AM
Ends: 2015-05-22:12.00AM
Duration: 03:00
Montréal
Canada


Scott Fisher
USC Cinematics Arts

Greg Downing
xrez.com

Steve Mason
QUOTIA

Vladimir Vukicevic
Mozilla


ÉMERGENCE : EMBRASSER LA COMPLEXITÉ
Starts: 05/23/2015 09:00AM
Ends: 2015-05-23:12.00AM

Duration: 03:00

Montréal
Canada


Pierre LEVY
Chaire de recherche du Canada en intelligence collective et auteur duLangage de codification sémantique (IEML).

Bille Seaman
Duke Institut

Mike Philips
Plymouth University

Dan Neafus
IMERSA


TRANSCALARITÉ : DÉCONSTRUIRE LES FRONTIÈRES
Starts: 05/24/2015 12:00PM
Ends: 2015-05-24:00.000
Duration: 03:00
Montréal
Canada

Rémi Quirion
Scientifique en chef

Derrick de Kerckhove
Université de Toronto

DAVID MCCONVILLE
SAT

Lien vers le site de la SAT

Des lions et des surprises au vernissage de Peter Doig à la Biennale de Venise.

L’artiste vivant à Trinidad a inauguré sa nouvelle exposition avec une entrevue impromptue avec le directeur de la Tate Gallery où il a livré quelques pistes sur ses inspirations actuelles.
Le Lion de Judas, d’inspiration Rastafari et italienne ! et toujours ses images tropicales saturées et oniriques.
La majorité des oeuvres exposées sont inédites !

Sources
THE ART NEWSPAPER
CHRISTIES
Richard Scarry & Chippy Coates (photos)
Michael Werner gallery

La Fille et le Moudjahidine. Un récit étonnant.

La fille et le moujahidine - prune antoine

Texte étonnant de la journaliste française Prune ANTOINE publié sur la plateforme Inouï, disponible en ligne.
Ecrit dans un style direct, à la première personne, ce récit nous plonge dans une rencontre improbable (mais réelle) entre une journaliste française exilée à Berlin et Djahar, un jeune lutteur caucasien musulman réfugié en Allemagne avec toute sa famille.
Le Caucase c’est cette région qui connait une guerre sans fin entre la Russie (Orthodoxe) et les habitants musulmans des Républiques Caucasiennes. Le Caucase est aussi, comme par hasard, terre de naissance des deux frères Tsarnaïev, auteurs du double attentat du Marathon de Boston.
Mais revenons à Djahar.
Ce qui frappe le lecteur de « La fille et le moudjahidine » c’est son style. Direct.
Prune Antoine est dans l’histoire. La journaliste s’implique, se décrit dans cette relation amicale, avec ses à-priori, ses doutes, ses questions. Un ton franc qui fait du bien dans ce monde « politiquement lisse et correct » du journalisme francophone.
Emporté dans ses bagages, le lecteur découvre avec elle le quotidien pas toujours drôle du jeune réfugié. On les suit en voiture volée dans des bleds paumés où Djahar va donner une raclée aux lutteurs locaux. On est surpris comme elle, on saisit ses peurs (que trafique ce Djahar réellement?)… Dans une ambiance de mystère très subtile, Prune Antoine nous prend à témoin.
Elle rencontre les parents de Djahar, êtres perdus tombés d’Ossétie comme catapultés d’un autre temps. On comprend le rôle de Djahar, le seul homme de la famille à parler allemand, sorte de père de substitution pour toutes les démarches.
Hélas pour Djahar, sa situation est une impasse. Trop « caucasien » pour être un « vrai allemand », trop « allemand » pour être un « caucasien ». Tension entre les identités multiples. Tiraillements avec ses parents qui voudraient le voir épouser une « vraie » femme (musulmane donc)… alors que lui collectionne les amourettes avec des Allemandes. Il cherche à s’intégrer, mais en 2015 en Allemagne il n’y a pas d’avenir lui.
Et peu à peu le doute s’installe. Djahar perd le rêve. Il se replie.
L’Allemagne ne lui propose rien. Il est comme réduit à rester l’étranger.
A force de se chercher il s’est perdu.
On assiste impuissants, comme la journaliste, au glissement. On voit le jeune homme, pourtant peu pratiquant, se réfugier dans la religion. On comprend comment Djahar, de galère en petits trafics, se radicalise. Le mot est lâché. Il parle « niquab », il parle « djihad »… dans ses SMS et les WhatsApp qui jalonne les échanges.
On n’y peut rien, on comprend que la question n’est pas religieuse. Elle est plus grande que les épaules du jeune lutteur. Elle est sociale. L’Europe n’offre pour l’instant aucun espoir au jeunes hommes musulmans. Perdus dans leur définition de la masculinité, rejetés de toute part, leur seule issue semble être de partir pour le Djihad en Syrie avec l’Etat Ismalique.
Situation folle où l’Europe, un continent de 700 millions de personnes, perd de vue sa responsabilité dans l’avenir de ses propres habitants. La soi-disant Guerre Sainte de L’E.I tiendrait-elle lieu de « American Dream » de la jeunesse musulmane européenne ?

En tant que francophone nous aurons rarement la chance de découvrir la réalité allemande. Prune Antoine nous donne cet accès. C’est ce que fait son originalité et sa force.

Entre l’article et la nouvelle, La fille et le Moudjahidine est un texte long. Vous pourrez le lire en une heure, pendant un trajet. Publié sur la plateforme Inouï (3.99$) ou par abonnement.

« Wild Tales ». Tous des bêtes. 

Qui n’a pas un jour « peté les plombs »? Face à l’absurdité de l’administration, face à la trahison, face à la haine ou au danger ?
Wild Tales nous raconte avec brio 6 histoires de « pétage de durites » bien déjantées.
L’histoire est impossible à raconter sans trahir les punchs. Nous sommes tous des animaux, civilisés, mais nos réactions restent en partie des instincts primaires. C’est pour cela que nous pouvons vivre en société. 
Mais imaginez la vie normale d’une jeune mariée, d’un ingénieur spécialisé en démolition, d’un fils à papa …. Remuez le tout et ajoutez la folie sud américaine pour  que tout parte « en sucette ». La mariée en pleurs grimpe sur le toit de la salle de bal, l’ingénieur perd sa voiture, le fils à papa rentre en pleurs… Mais pourquoi? 
Face à l’imprévu nous redevenons des lions, des antilopes, des proies, des prédateurs…
Voilà Wild Tales. Des histoires courtes et une énergie débordante. 
Un film produit par Pedro Almodovar qui délivre sans faiblir une marchandise d’humour hispanique et grinçant.

Titre : Wild tales (Relatos salvajes)
Réalisateur : Damián Szifrón
Scénatiste : Damián Szifrón
Genre : Film à sketches
Durée : 122 minutes
Acteurs :  Darío Grandinetti (Salgado) – María Marull (Isabel) Mónica Villa (Profesora Leguizamón)
Sortie : 2014
Produit par : Agustín Almodóvar, Pedro Almodóvar, Esther García, Matías Mosteirín et Hugo Sigman

 

Peter Doig, nulle terre étrangère.

Peter Doig

Ma première rencontre avec Peter Doig a eu lieu dans un musée de Montréal. Journée froide de mars 2014, un dimanche banal. Le nom de cet artiste ne m’était pas inconnu. Peter Doig m’avait été présenté comme le «peintre européen le plus côté au monde de son vivant». Impressionnant statut pour un artiste dans la cinquantaine, en vie.
Avec fierté les Montréalais accueillaient un enfant prodigue, de retour sur ses terres. L’Anglais élevé à Montréal était sur ses terres. 
Peter est né en Ecosse (pour être précis). Mais il a vécu une partie de son enfance à Montréal, Londres mais aussi Trinidad. Trinidad est une grande île à l’extrême sud de l’arc caribéen. Tout en bas, à quelques kilomètres du continent sud-américain. On y reviendra car elle sera le déclencheur d’une petite révolution personnelle pour Peter Doig.

En Europe sa vie se résumait à étudier la peinture, à Londres. A faire des aller-retours avec le Canada. De cette époque il nous reste des œuvres «continentales». Des ciels canadiens neigeux, un air figé par le froid, des lacs solides comme des miroirs. Une palette neutre, moins inspirée que la période qui suivra. Décidément nul ne peut être prophète en son pays.

Début des années 2000.
Doig revient sur l’île de son enfance – avec femme et enfants – à Trinidad.
Débute alors la période tropicale.

Peter Doig
Peter Doig dans son atelier

Fraichement débarqué, Doig ne pouvait pas se revendiquer de Trinidad. Pas tout de suite. Le statut d’exilé ne nous donne pas accès à la réalité du pays d’accueil. Comme dans une nouvelle aventure amoureuse notre point de vue est biaisé. Il n’est pas très subtil pour tout comprendre à notre nouvelle réalité.

Sagement, l’artiste a attendu. Quelques années. Avant d’oser peindre sur Trinidad.
Et puis il s’est lancé. Enfin.

 

Les thèmes aussi sont devenus plus fins. Doig est connu pour peindre des paysages. Mais il y ajoute toujours une autre dimension, «a mental space in landscape» dit-il souvent avec ironie.
Avec Trinidad Doig aborde le paysage tropical avec réalisme.
Il fallait oser. Quand vous êtes entouré de cette nature galbée, fière, forte. Difficile de l’ignorer.
Pourtant Doig peut s’obstiner à peindre le pan de mur orphelin comme un rêve abandonné et une bouteille de bière cassée.

De tous les peintres «étrangers» au monde tropical, il est le seul à casser le mythe paradisiaque avec autant de talent.

Trinidad est un pays chaotique.
Île indépendante. Ancienne colonie anglaise. Peuplée par différentes populations venues d’Afrique, d’Europe, d’Inde du sud. Un melting pot d’apparat comme beaucoup de sociétés post-coloniales. Une violence sourde et dramatisée qui rend la vie paranoïaque. Un développement pétrolier qui est loin d’en faire un émirat. Trinidad n’est pas une île idéale.

Doig la dépeint avec la franchise d’un frère. Il ne critique pas. Il décrit. Et ainsi il lui rend hommage.

Dans l’exposition de Montréal («Nulle terre étrangère» 2014) j’ai retrouvé les ciels blancs de trop de lumière. Les rues démontées de Port-of-Spain. Le mouvement permanent. Les bars borgnes d’où sortent des basses de soca. Ces rythmes caribéens qui sont la bande sonore de la vie quotidienne là-bas.

Les sous bois sombres de Grande-Rivière d’où surgissent des ombres sans nom.

Peter Doig
Grand Rivière (Trinidad)

Le silence des heures immobiles sous le soleil de midi. Quand le sable chaud est simplement brûlant et qu’il mange toute nuance. Et qu’un cheval blanc passe entre les vautours qui picorent les bébés tortues à peine éclos sur une plage déserte.

Peter Doig
Dessin préparatoire – Peter Doig.

 

L’isolement de l’homme, qui noie un pélican pour se nourrir.

Peter Doig

La nature violente, qui par exemple vient mouiller ses toiles une nuit de cyclone, et lui qui accepte et joue avec ces coulures.

Il s’improvise même affichiste. Dans le plus pur style du «lime» (prononcer «laïme» à l’anglaise) trinidadien. Le «lime» est un rite païen qui consiste à prendre le temps.

Toutes les classes sociales de Port-of-Spain s’adonnent au «lime».
Sortir, prendre 
un verre et discuter en écoutant une musique un peu trop forte. Prendre glacière et voiture pour aller «là où ça se passe».

Dans le cas de Doig, il a organisé à Port- of-Spain un ciné-club. Organiser à Trinidad s’apparente à «improviser» en Europe. Il a réuni quelques chaises, un vidéo projecteur et des DVD de films de répertoire. Il peint lui-même les «affiches» pour annoncer le film du jeudi soir.

Chacun vient avec sa glacière, et la soirée se passe à regarder (plus ou moins) le film et à rebâtir le monde autour d’une Stag, bière locale immortalisée dans ses tableaux. Arriver à capter ces moments suspendus où tout le monde se mélange, où toute forme de productivité concrète est bannie.
Cette philosophie de vie fait partie de la démarche.
On peut appeler cela de la nonchalance.
Avec dédain.
Mais parfois cet exercice est élevé au niveau d’un art martial.
Un bouddhisme tropical du lâcher prise.
Peter Doig, l’anglais de Montréal, a bel et bien réussi à peindre l’air des Tropiques.
Magnifique.

JB

Quelques toiles de Doig.